Aujourd’hui, nous souhaitons vous parler de la première construction de Rwanda Avenir, celle de la case de passage, celle destinée à accueillir les hôtes de la Maison de Quartier de Kimironko, celle où Julienne son bébé à côté d’elle mettait une dernière touche à son Imigongo (texte d’avril), celle aussi qui a été payée en partie par la première subvention de la municipalité de Pont L’Abbé.
Les femmes veuves regroupées à Kimironko avaient un souhait celui d’une Maison, lieu d’échanges, d’apaisement, d’écoute, ce fut la maison de passage qui fut bâtie la première sur la parcelle, premier bâtiment modeste, aux cinq pièces hexagonales –deux chambres, deux cabinets de toilette douche et un salon à l’entrée-. Premier chantier qui associa 30 femmes et jeunes du quartier aux « auto constructeurs ruraux » (la première équipe de maçons) pour la réalisation de cette maison en briques crues.
Vous avez dit briques crues ! Oui, la terre provenant de la parcelle finement tamisée, mélangée à un peu de ciment et très peu d’eau est compressée à l’aide d’une machine, les briques ainsi formées sont séchées au soleil deux ou trois jours. Pas de cuisson au feu, une économie de bois, moins de déforestation. Ces briques servent à la construction des murs et cloisons de la case et de la maison principale et celle du gardien (à construire). Les femmes et les jeunes reçurent au cours de ce chantier une formation diplômante permettant à certain(e)s d’avoir une activité génératrice de revenus sur des chantiers.
Une charpente métallique et un toit de tuiles rouges pour protéger l’ensemble, les plafonds en lambris, un salon entrée sobrement meublé et qui sert de bureau en attendant l’équipement de la maison principale.
Trois femmes de la Coopérative de Nyarubuye (cf texte d’avril) sont invitées à décorer la façade de grandes fresques murales géométriques appelées « Imigongo » terre pour les reliefs, latérite, kaolin et noir obtenu en carbonisant des feuilles de bananiers sont les teintures naturelles ici remplacées par des peintures car les fresques sont extérieures, mais les thèmes et l’agencement géométrique sont respectés et le travail est réalisé aux doigts et à l’éponge, c’est aussi là l’occasion pour 20 femmes du groupement des veuves de faire leur premier stage en Imigongo.
En septembre 2010, la Maison de Quartier ouvrira enfin ses portes et toutes les activités prévues : bibliothèque, accueil et salle d’apaisement, les trois coopératives : Imigongo, restaurant et crèche pourront vraiment démarrer ainsi que les ateliers de formation.
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