Pont-l'Abbé Solidarité Internationale

Categorie: RWANDA Avenir

Pourquoi ne pas profiter des congés de l’été pour prendre le temps de flâner et de venir découvrir les nombreux ouvrages à votre disposition, livres neufs et d’occasions… nous serons présents les 27 & 28 juillet à Pont-l’abbé et 17 & 18 ‘août à l’Ile-Tudy.

Nous comptons sur vous, alors à très bientôt

Bienvenue chez les veuves de Kigali par Anne Collet

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Un projet, une Maison des femmes et Rwanda Avenir …

Aujourd’hui, nous souhaitons vous parler de la première construction de Rwanda Avenir, celle de la case de passage, celle destinée à accueillir les hôtes de la Maison de Quartier de Kimironko, celle où Julienne son bébé à côté d’elle mettait une dernière touche à son Imigongo (texte d’avril), celle aussi qui a été payée en partie par la première subvention de la municipalité de Pont L’Abbé.

Les femmes veuves regroupées à Kimironko avaient un souhait celui d’une Maison, lieu d’échanges, d’apaisement, d’écoute, ce fut la maison de passage qui fut bâtie la première sur la parcelle, premier bâtiment modeste, aux cinq pièces hexagonales –deux chambres, deux cabinets de toilette douche et un salon à l’entrée-. Premier chantier qui associa 30 femmes et jeunes du quartier aux « auto constructeurs ruraux » (la première équipe de maçons) pour la réalisation de cette maison en briques crues.

Vous avez dit briques crues ! Oui, la terre provenant de la parcelle finement tamisée, mélangée à un peu de ciment et très peu d’eau est compressée à l’aide d’une machine, les briques ainsi formées sont séchées au soleil deux ou trois jours. Pas de cuisson au feu, une économie de bois, moins de déforestation. Ces briques servent à la construction des murs et cloisons de la case et de la maison principale et celle du gardien (à construire). Les femmes et les jeunes reçurent au cours de ce chantier une formation diplômante permettant à certain(e)s d’avoir une activité génératrice de revenus sur des chantiers.

Une charpente métallique et un toit de tuiles rouges pour protéger l’ensemble, les plafonds en lambris, un salon entrée sobrement meublé et qui sert de bureau en attendant l’équipement de la maison principale.

Trois femmes de la Coopérative de Nyarubuye (cf texte d’avril) sont invitées à décorer la façade de grandes fresques murales géométriques appelées « Imigongo » terre pour les reliefs, latérite, kaolin et noir obtenu en carbonisant des feuilles de bananiers sont les teintures naturelles ici  remplacées par des peintures car les fresques sont extérieures, mais les thèmes et l’agencement géométrique sont respectés et le travail est réalisé aux doigts et à l’éponge, c’est aussi là l’occasion pour 20 femmes du groupement des veuves de faire leur premier stage en Imigongo.

En septembre 2010, la Maison de Quartier ouvrira enfin ses portes et toutes les activités prévues : bibliothèque, accueil et salle d’apaisement, les trois coopératives : Imigongo, restaurant et crèche pourront vraiment démarrer ainsi que les ateliers de formation.

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RWANDA AVENIR

Les activités de la Maison de quartier de Kimironko à Kigali en mars 2010.
Dans la Maison de Quartier pour les veuves rescapées du génocide à Kimironko, ce printemps 2010 s’activent des femmes.
Dans la petite maison de passage, dans l’entrée sur une natte, Julienne met la dernière touche de blanc sur l’Imigongo qu’elle confectionne, Corneille son bébé est à côté d’elle.

Les Imigongo sont réalisés soit sur des supports en bois, légers et de petites tailles, ils peuvent être vendus dans les boutiques artisanales auxquelles la coopérative de la Maison a adhéré. Une vingtaine de femmes ont suivi les deux stages de formation organisés pour elles avec des artistes de Nayrubuye. Elles s’activent à en fabriquer et à trouver des lieux d’exposition et de vente.
La découverte de cet art traditionnel et son utilisation dans la décoration de la Maison mais aussi pour en faire une activité génératrice de revenus ont été parallèles à la construction de la Maison de Quartier et la mise en place de coopératives.

Florence raconte : « En mars 2008 nous avons fait un voyage avec 80 femmes et jeunes filles de l’umudugudu de Kimironko.
Nous sommes allées rendre visite aux artistes de Nyarubuye qui réalisent les fresques murales traditionnelles, qu’on appelle Imigongo. Aucune des participantes à ce voyage n’en avait encore jamais vu, beaucoup en ignoraient même l’existence. La découverte éblouie de ce patrimoine les a rendues gaies comme des enfants qui voient la neige ou la mer pour la première fois. Elles ont chanté en quittant Kigali à 7 heures le matin jusqu’au retour le lendemain soir. Quarante-huit heures de danses et de chants ininterrompus. Ces instants sont les plus beaux du monde. Des moments heureux sont encore possibles. Aujourd’hui, une autre fois, une prochaine fois. Chanter, danser, construire une maison, accueillir, envisager l’avenir. L’espace du « nous » est le premier pas, c’est celui de la reconstruction d’un socle qui signe l’appartenance à la communauté des vivants. »

De Kigali le 21 mars 2010 : « …Sous le kiosque de la salle polyvalente les mamans et les jeunes filles entourent le prof de cuisine. Cours de sauces froides (vinaigrette, mayonnaise, sauce au ketchup, au curry, etc.) puis assaisonnement des légumes (carottes, salades, concombres, betteraves, oignons) et dégustation. Les dames sont très contentes et rigolent beaucoup. Puis elles rangent et font la vaisselle. … Annonciata me présente Beata Mukamugema (groupe restaurant) et m’apprend que leur nom signifie « femme courageuse ».

www.rwanda-avenir.org

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